Au secours d’une amie - Gary Williams

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Au secours d’une amie

Au secours d’une amie - Gary Williams

Dans le quartier de mon enfance, je connaissais presque tous les enfants de mon âge. Il y avait une petite fille qui était aussi mon amie, et qui était particulièrement jolie. Lorsque nous partions, nous avions tous les deux 12 ans. Je la revoyais deux ans plus tard. Elle était restée encore très jolie, mais elle avait un sérieux problème sur le visage. Elle était envahie de boutons d’acné. Cela l’avait rendu complètement introvertie, et elle ne voulait plus participer à quoi que ce soit. Sa mère ressentait la tristesse de sa fille, comme un drame. Elle avait demandé à ma mère à ce que je passe de temps en temps, pour essayer de la sortir, et essayer aussi de minimiser son problème.

La première fois que je l’invitais à sortir, c’était pour aller voir un film au cinéma. J’avais eu cette idée, en pensant qu’elle n’aurait aucun problème à se montrer dans une pièce plongée dans le noir. Elle avait tout de suite été d’accord, mais à la condition que l’on aille à la séance de début de soirée. Il était hors de questions qu’elle sorte en après-midi, en plein jour. Il me fallait trouver une autre astuce pour essayer de la faire sortir. Je lui proposais donc un jour, de me suivre à l’extérieur de Montréal, dans une écurie qui était tenu par un ami de mon père. Elle acceptait aussi. Elle savait qu’elle n’avait rien à craindre des chevaux. C’est ce qu’il y a de bien avec les animaux, ils ne jugent pas. La troisième fois, je l’emmenais dans un centre hospitalier où j’avais l’habitude d’aller, pour passer du temps avec des enfants malades, et d’essayer de les faire rire un peu. Ce jour-là, elle avait tout relativisé.

Plus tard, je suis retourné la voir, juste pour discuter avec elle, sans aucune idée derrière la tête. Elle me confia qu’il avait été très difficile pour elle de voir le regard des autres changer. Elle avait toujours été très jolie, et beaucoup de gens lui souhaitaient une carrière d’artiste. Lorsque son problème d’acné commença à être plus que visible, elle ne supportait plus le rejet, et les regards fuyants des personnes de son entourage. Lorsque je lui disais que ce n’était qu’un passage, et que tout ceci allait disparaître dans très peu de temps, grâce principalement, au traitement acne qu’elle prenait, elle me disait en être très consciente, mais que les blessures que les gens lui avaient infligées, ne partiraient jamais. Cependant, dans plusieurs hôpitaux, elle était devenue le clown préféré des enfants malades. Rien ne vaut un sourire.