De nouvelles amies - Gary Williams

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De nouvelles amies

De nouvelles amies - Gary Williams

Je sortais d’un cinéma quand j’ai été abordée par une jeune femme qui cherchait une rue. Je lui ai indiqué le trajet qu’elle devait emprunter. En marchant pour rentrer chez moi, j’ai de nouveau vu la femme, toujours aussi perdue. Elle m’a reconnue, et elle m’a avoué qu’elle ne se souvenait plus des indications que je lui avais données. J’ai proposé de l’accompagner. Elle m’expliqua qu’elle était de passage en ville, car elle avait un rendez-vous, le lendemain, avec un Syndic Pointe-aux-Trembles, qui serait parfait pour l’aider dans ses démarches. Elle devait rejoindre une amie à son appartement, dont elle avait les clés, mais elle ne se souvenait plus des coordonnées exactes de son amie. Elle était persuadée qu’elle les avait notées dans son répertoire, mais elle ne les retrouvait plus. Enfin, elle se présenta, et m’informa qu’elle se prénommait Alice.

Comment la décrire ? C’est simple, mélangez un style bohème avec une pointe d’élégance, vous aurez Alice devant vous. Ses longs cheveux bouclés étaient lâchés sur ses épaules, qu’un carré de soie protégeait du froid. Un manteau noir, long, en drap de laine la préservait du vent glacé qui soufflait ce soir-là. Par contre, je n’étais pas assez couverte. J’habite à cinq minutes à pieds du cinéma d’où je sortais, et je n’avais pris qu’une veste légère. Je sentais mes doigts de plus en plus engourdis par le froid et mes oreilles devinrent douloureuses, pour la même raison. Je conduisis la personne que j’avais rencontrée jusqu’à sa destination. Pleine de compassion pour moi, car elle avait vu que je grelottais, elle me fit entrer. Ce n’était pas un appartement, mais un gigantesque duplex qui m’accueillit pour me réchauffer.

Après un bon thé à la bergamote, mes mains étaient redevenues d’une couleur normale et mes oreilles ne me faisaient plus souffrir. Je me suis sentie en sécurité. La conversation que je partageais avec ma nouvelle amie était tournée vers les genres cinématographiques. Elle avait des avis bien marqués, tout comme moi, la discussion était stimulante intellectuellement. La porte d’entrée s’ouvrit sur une femme à l’apparence frêle, mais au regard, bleu acier, perçant. Mon amie lui expliqua la raison de ma présence, et elles convinrent toutes les deux qu’un taxi, à leurs frais, me raccompagnerait. J’ai repensé, une fois seule, à notre rencontre, due au hasard. De ce jour, j’ai conservé un lien avec ces deux femmes, un vrai lien d’amitié.