Un grand-père fûté - Gary Williams

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Un grand-père fûté

Un grand-père fûté - Gary Williams

Un patrimoine, c’est quelque chose que quelqu’un de bien nous a légués, en reconnaissance de sa propre vie. Pour ceux qui ont de la chance et de la reconnaissance, ils peuvent continuer à donner vie à ce patrimoine, et le faire fructifier, de sorte à ce que d’autres après eux puissent en profiter, et reconnaître ce qui leur a été offert. Au décès de mon grand-père, je ne recevais qu’une seule chose, son violon. La plupart de mes cousins et cousines, s’étaient moqué de moi, mais j’étais certainement le seul membre de la famille qui pouvait comprendre son geste. Le conseiller en gestion du patrimoine était présent, le jour où le notaire relisait le testament face à nous tous, et était prêt à reprendre tous les dossiers avec mes cousins.

Je partais avec ce fameux violon, en quittant définitivement l’immense maison, ainsi que les terres qui avaient toutes été partagées avec mes différents cousins et cousines. Je saluais mes parents, qui eux, avaient presque l’impression de se sentir comme punis par mon grand-père. En arrivant chez moi, je prenais mon violon, et l’emmenais chez un luthier. Je lui demandais de le réviser et de mettre de nouvelles cordes. Je tenais aussi à ce qu’il répare l’archer, en ne remplaçant qu’une partie du crin. Deux semaines plus tard, l’instrument était entièrement nettoyé et son bois sonnait à merveille.

Connaissant mon grand-père, et sachant qu’il avait toujours eu une petite âme de troubadour pendant sa jeunesse, j’offrais dans la rue, un premier concert gratuit, surtout pour me réchauffer, et me rappeler de toutes les notes de musique, que m’avait apprises mon grand-père, pendant de longues soirées d’été. Je m’apercevais que le répertoire que je jouais, était un très vieux répertoire, car les gens autour de moi, paraissaient ne jamais être en dessous de 60 ans d’âge. Je finissais quand même mon après-midi après deux heures d’exercice sur mon violon, et avec une dizaine de dollars que je n’avais pas réclamé, et qui allaient me servir à m’acheter un bon sandwich, avant que je ne me remette vraiment à pratiquer le violon pour de bon. Une semaine plus tard, en sortant du travail, je proposais à quelques bars de jouer de la musique du plus pur style country. Je finissais par décrocher un contrat, qui me permettait de travailler de 20 heures à une heure du matin presque tous les soirs. J’avais fini par améliorer ma vie en jouant de cet instrument et en finissant par apparaître dans un album qui avait fait fureur en Amérique du Nord. Je finissais par comprendre que le patrimoine légué par mon grand-père, était bien meilleur que celui de garder vaches et cochons, ainsi que quelques murs. Tous les jours, je jouais quelques notes en reconnaissance de son geste.